Actualité  |  Formule 1  |  WRC  |  Petites annonces  |  Mécanique  |  Miniatures  |  Vidéos  |  Images  |  Juridique  |  Contact  |  Rechercher  |  RSS 

Rouler au GNV ? C'est déjà possible !

Toute l'actualité automobile | Image Flux RSS Actualité
Règles du forum
Les sujets postés ici se retrouvent ensuite sur la page d'accueil du site... Lorque vous postez un article dans cette catégorie, veillez à faire une mise en page soignée en utilisant le BBcode [ Justify ] pour le texte et [ Center ] pour les images et/ou vidéos... Merci de votre compréhension...

Rouler au GNV ? C'est déjà possible !

Message le Ven 03 Juin 2005, 18:59

Une énergie propre, inépuisable, bien sûr on en rêve tous ! Celle que nous promet par exemple la pile à combustible. Mais de l'avis des spécialistes, on ne peut guère compter sur une industrialisation du moteur à hydrogène avant 2020, voire 2025. Et si en attendant la solution passait par une énergie alternative immédiatement disponible, sûre et éprouvée : le gaz naturel ? Le point avec Vincent Tissot-Favre, secrétaire de l'Association Française du Gaz Naturel pour Véhicules.

ViaMichelin : Quelle est la différence entre le GNV (gaz naturel pour véhicules) et le GPL ? Notamment en terme de sécurité ?
Vincent Tissot-Favre : Le gaz naturel pour les véhicules est essentiellement composé de méthane tandis que le GPL est du gaz de pétrole liquéfié, c'est-à-dire du butane et du propane. Ces deux produits sont très différents. Le GNV présente notamment deux caractéristiques importantes du point de vue de la sécurité. Il est plus léger que l'air et se disperse donc presque instantanément dans l'atmosphère en cas de fuite. La température d'inflammabilité du GNV est en outre plus élevée (à partir de 540°) que celle des carburants classiques, essence, diesel ou GPL.
Ajoutons qu'avec près de 4 millions de véhicules au GNV circulant à travers le monde, dont 550 000 en Europe, nous pouvons nous appuyer sur une expérience fiable.


Des réservoirs à toute épreuve
Réalisés en acier ou en matériaux composites, les réservoirs sont conçus pour résister à une pression de 500 bars (soit 2,5 fois plus que la pression normale d'utilisation). Ceux des bus sont implantés sur le toit dans un compartiment totalement séparé de l'habitacle. Dans les voitures particulières, les réservoirs se trouvent dans la partie basse. Certains ont été éprouvés par l'armée et résistent aux balles et aux grenades, mais ils ont été testés surtout pour passer l'épreuve des crash-tests. La réglementation est notamment très exigeante vis-à-vis des fixations afin qu'elles restent en place en cas de choc accidentel.


Quels sont les pays en pointe sur ce marché du GNV ?
Le continent sud-américain est très en avance dans ce domaine, notamment l'Argentine avec un parc de près de 1 300 000 véhicules, suivie du Brésil. En Europe, l'Italie est leader avec près de 400 000 véhicules au GNV, cela en raison du prix de l'essence qui y était élevé et d'un contexte historique ancien. On ne peut expliquer ce succès uniquement par le manque de pétrole ou la présence de réserves en gaz locales, il est aussi le résultat de volontés politiques fortes. On le constate en Allemagne, où l'on compte environ 25 000 véhicules au GNV mais où on est en train d'équiper 1 000 stations-service au gaz naturel - 550 sont d'ores et déjà opérationnelles.
Depuis 2 à 3 ans, l'intérêt pour cette énergie se manifeste également dans d'autres régions du monde, notamment sur le continent asiatique : Pakistan, Inde, Chine. Malgré ses réserves de pétrole, l'Iran s'y intéresse aussi, car ce pays exportateur de brut est en revanche contraint d'importer du pétrole raffiné. Le gaz naturel extrait avec le pétrole fut pendant très longtemps brûlé sur place ; ce n'est plus le cas aujourd'hui et les Iraniens ont désormais pour objectif d'avoir un parc de 1 000 000 véhicules au GNV d'ici 2010.

Et en France ?
En France, le GNV s'est développé prioritairement sur le marché des flottes de véhicules captifs comme les bus. On peut parler d'un véritable succès, il y a déjà 1600 bus au GNV en circulation, un nouveau bus sur trois est aujourd'hui acheté au gaz naturel. L'autre marché est celui des véhicules urbains, notamment des bennes à ordures avec près de 300 bennes au GNV, dont plus d'une centaine à Paris. Depuis un peu plus d'un an, on attaque le marché des flottes d'entreprise et demain ce sera celui des particuliers. Nos objectifs sont ambitieux et s'inscrivent dans le cadre des orientation de la Commission européenne qui fixe la part des carburants de substitution en 2020 à 20% globalement et à 10% pour le seul GNV.

Aujourd'hui, quel est le principal handicap de ce type de carburant pour sa généralisation aux véhicules particuliers ?
Je n'aime pas le mot "handicap". Si la volonté politique est là, si l'on met les moyens, il n'y a plus de handicap. Certes, l'utilisation du gaz naturel comme carburant nécessite une station de compression qu'il est souvent plus facile d'installer pour des flottes de véhicules captifs comme les bus, les voitures urbaines ou les flottes d'entreprise. L'ouverture aux particuliers, nous oblige en revanche à concevoir de nouveaux modes de distribution avec l'installation de bornes dans les stations-service mais aussi avec une extension de la distribution privative. Gaz de France a ainsi le projet d'installer des petits compresseurs individuels chez les particuliers, et ce dès le deuxième semestre 2005.

Faut-il faire équiper sa voiture en seconde monte ou bien les constructeurs proposent-ils des véhicules au gaz naturel ?
Dans les pays historiquement en avance comme l'Argentine ou l'Italie, de nombreux véhicules ont été équipés en deuxième monte mais la tendance actuelle dans tous les pays est un équipement au GNV en 1ère monte. Tous les constructeurs ont aujourd'hui une offre plus ou moins développée de véhicules fonctionnant au gaz naturel. Sur le marché européen, l'offre va de Citroën à Volvo en passant par Renault, Peugeot, Fiat, Mercedes, Opel, ... Précisons que ces véhicules sont à bicarburation - contrairement aux véhicules lourds type bus qui eux sont monocarburation, c'est-à-dire exclusivement au gaz -, ce qui est souhaitable tant qu'il n'y a pas de réseau de distribution suffisant. Mais à terme, il y aura des moteurs entièrement dédiés au gaz naturel.
Il y a un surcoût à l'achat, variable selon les constructeurs, mais si l'on considère le coût global investissement + exploitation + avantages fiscaux [voir le site de l'AFGNV], le client est gagnant.


Citroën C3 1.4 Gaz Naturel

© Citroën
Une Citroën écologique ? On pense d'emblée à la C3 Stop & Start qui fit l'événement du dernier Mondial de l'automobile de Paris. Pourtant, au même salon, avait été présentée une autre Citroën encore moins polluante : la C3 Gaz Naturel commercialisée au printemps 2005. Gaz de France, partenaire du projet, a prévu de venir installer un compresseur individuel dans le garage des heureux acquéreurs. Il leur sera dès lors possible de faire le plein à demeure. Penser néanmoins à mettre sa voiture en charge le soir avant de se coucher, car cela prend tout de même plusieurs heures. Avec une autonomie de 200 à 300 kilomètres, le moteur est bien sûr à bicarburation.




Quel est l'impact de cette énergie sur l'environnement comparé aux autres énergies ?
Commençons par une pollution à laquelle on ne pense pas toujours et qui est pourtant considérée comme la première nuisance par les citadins et un facteur de stress important : le bruit. Un moteur au gaz naturel est deux fois moins bruyant qu'un moteur classique.
Pour ce qui est de la pollution de l'environnement immédiat ayant une incidence directe sur la santé, il faut noter une diminution par trois des oxydes d'azote par rapport à un véhicule Diesel - ce polluant très néfaste intervient dans le processus de formation de l'ozone. La combustion du gaz naturel produit également moins de monoxyde de carbone. Et surtout il n'y a ni fumées, ni particules, ni composants cancérigènes... ni même d'odeur.
À un niveau plus global, il y a aussi une réduction des gaz à effet de serre de l'ordre de 20% par rapport à l'essence. Par rapport au diesel, le niveau de pollution est comparable, du moins avec les moteurs actuels car on estime que des moteurs totalement dédiés au gaz permettraient une diminution de 25%.

Quels sont les autres avantages du gaz naturel, notamment par rapport à d'autres énergies alternatives ?
La principale est que les réserves de gaz sont deux fois plus importantes que les réserves de pétrole et surtout qu'elles sont mieux réparties à travers le monde. Et la technologie existe, elle est immédiatement disponible. Concernant les moteurs hybrides, à la notable exception de la Toyota Prius, peu de constructeurs ont avancé sur le sujet. La pile à combustible n'est pas non plus pour tout de suite, au mieux il faudra attendre 2020. Et même alors, le GNV pourrait encore avoir sa place, car l'une des pistes est de produire de l'hydrogène à partir du gaz naturel.


Qu'est-ce que l'AFGNV ?
L'Association Française du Gaz Naturel pour Véhicules a été créée par le ministère de l'Industrie, Gaz de France, les constructeurs automobiles (PSA Peugeot-Citroën, Renault automobiles et Renault Trucks) avec pour objectif de promouvoir et développer l'utilisation du gaz naturel comme carburant automobile.

L'AFGNV regroupe aujourd'hui 75 adhérents comme l'Ademe, l'IFP (Institut Français du Pétrole), des équipementiers, des collectivités locales et des fournisseurs d'énergie.

Pour en savoir plus : http://www.afgnv.com
Que les astre vous protegent
Avatar de l’utilisateur
tom-ours
Membre régulier
Membre régulier
 
Messages: 193
Inscription: Mar 09 Mar 2004, 19:18
Localisation: Lille

Faire un don

Espace pub
PUBLICITE

Retourner vers ACTUALITE

cron