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Les embouteillages sont-ils une fatalité ?

Les inclassables du monde de l'automobile

Les embouteillages sont-ils une fatalité ?

Message le Mer 18 Mai 2005, 7:01

Par E. Tresmontant


En France, les bouchons ont augmenté de 50% depuis 1990 et leur somme représente aujourd'hui plus d'un million d'heures par an ! Ce fléau des temps modernes gâche la vie des automobilistes, affecte l'environnement et coûte cher à l'État et aux entreprises (environ 0,5% du PIB). Pour endiguer le mal, des solutions existent pourtant !

Pris dans un embouteillage le dimanche soir à son retour de week-end, l'automobiliste moderne ignore sans doute que le phénomène auquel il est confronté mobilise depuis plus de 20 ans une armée de physiciens, de mathématiciens, de statisticiens, d'informaticiens et d'économistes ! Chaque jour, les variables qui caractérisent le trafic routier (débit, vitesse, taux d'occupation et pourcentage de véhicules longs) sont recueillis par des stations de comptage situées le long des autoroutes. Analysées et répertoriées au fil des ans, ces données ont permis d'élaborer des modèles mathématiques et des simulations numériques qui, théoriquement, font de l'embouteillage un phénomène parfaitement connu et gérable !

Comment se forme un embouteillage ?

Les 35 km du périphérique parisien sont responsables à eux seuls de 28% des bouchons...
On considère qu'il y a "bouchon" sur une autoroute lorsque la circulation est inférieure à 30 km/h. Ce bouchon peut-être récurrent et prévisible (départs en vacances) ou, au contraire, accidentel et aléatoire. Dans les deux cas, nous explique Simon Cohen, Directeur de recherche à l'INRETS (Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité) et Professeur à l'École Nationale des Ponts et Chaussées, il résulte d'un déséquilibre entre l'offre et la demande. L'offre, c'est la capacité du réseau routier à écouler le flot de véhicules. La demande, c'est le nombre d'automobilistes prêts à s'y engager. "Une autoroute standard peut accueillir en moyenne 2 200 véhicules par heure et par voie. Donc, pour une autoroute à 3 voies, sa capacité est de 6 600 véhicules par heure environ. Cette capacité est théorique et ne prend pas en compte les phénomènes climatiques (pluie, neige) et la présence de véhicules longs. Il n'en reste pas moins qu'au-delà de 2 200 véhicules par heure, c'est le bouchon assuré !"


Le top 100 des bouchons


En 2003, le Centre national d'information routière s'est employé à dresser la liste des 100 plus gros bouchons de France. L'Île-de-France totalise 85% des bouchons nationaux. Les 35 km du périphérique parisien sont responsables à eux seuls de 28% des bouchons ! Le premier bouchon de province n'arrive qu'en 49e position : il s'agit des 300 km de l'A7 entre Lyon et Marseille. À noter toutefois que la province est en train de rattraper son retard sur la région parisienne puisque les embouteillages autour ou à l'intérieur des villes ont augmenté de 76,2% depuis 1990 contre "seulement" 60% pour l'Île-de-France.


Peut-on éviter les embouteillages ?

Pour éviter la formation des embouteillages, les exploitants autoroutiers doivent, autant que faire se peut, écrêter la demande et augmenter l'offre.

1/ Écrêter la demande

Il s'agit d'inciter les automobilistes à répartir dans le temps et dans l'espace leurs déplacements afin que tous ne partent pas au même moment et n'empruntent pas la même route. Une technique qui a fait ses preuves, notamment sur les autoroutes du Nord et de l'Est de la France, consiste à proposer un péage intéressant aux heures creuses et un péage plus pénalisant aux heures de pointe. On incite ainsi l'usager à anticiper son départ ou à le différer.
L'information diffusée par les panneaux à messages variables (PMV) indique quant à elle la longueur des bouchons et le temps qu'il faudra pour les traverser. Les usagers peuvent ainsi s'adapter en modifiant leur horaire de départ, en quittant l'autoroute ou encore... en prenant leur mal en patience sur une aire de repos ! "La cause majeure du stress, nous explique Jacques Boussuge, Directeur des opérations à l'ASFA (Association des Sociétés Françaises d'Autoroutes), est l'incertitude du temps de parcours. Si celui-ci est connu, les gens acceptent plus facilement la présence du bouchon."

2/ Augmenter l'offre


La régulation de vitesse, par le moyen des panneaux annonceurs situés le long de l'autoroute, permet d'obtenir une conduite homogène qui va fluidifier le trafic. Si on incite par exemple les automobilistes à ne pas dépasser les 90 km/h en amont d'une zone sensible, on obtient un écoulement régulier du trafic et le bouchon peut éventuellement être évité !
Néanmoins, cette technique de régulation a des effets limités sur la congestion du trafic.
Les gains de capacité résultant de la régulation de vitesse restent en effet assez marginaux : de 2 à 3% au maximum.
D'autre part, certains embouteillages ont une telle ampleur que la régulation de vitesse est inopérante sur eux : il faut donc " passer à la vitesse supérieure " si l'on peut dire !
Ainsi en est-il du plus gros bouchon d'Europe situé à l'Est de Paris, sur le tronçon commun des autoroutes A4 et A86 entre Nogent et Joinville. Ce bouchon est récurrent et prévisible puisqu'il se forme chaque jour depuis 15 ans ! Sur 260 000 véhicules (dont 25 000 poids lourds) allant dans le sens province-Paris, 35 000 véhicules y sont "stockés" de 6h30 à 9h30 du matin. Et le cauchemar se répète le soir dans l'autre sens ! Du point de vue physique, il s'agit d'un simple "problème de robinet" : les 5 voies autoroutières (3 sur l'A4 et 2 sur l'A86) se réduisent à 4 voies sur le tronçon commun de 2,2 km. D'où la formation d'un goulot d'étranglement, un peu comme si les voitures devaient passer l'une après l'autre à travers un entonnoir.
Outre son impact environnemental (pollution atmosphérique, eaux de ruissellement de l'autoroute dans la Marne mais aussi pollution phonique, le bruit atteignant 77 décibels), le plus gros bouchon de France constitue aussi un lourd handicap économique pour l'Est parisien car les entreprises ne veulent plus s'y implanter.
"Pour résorber ce bouchon historique, nous explique Simon Cohen, il faudrait entre 600 millions et un milliard d'euros de travaux : le prix à payer pour creuser sous la Marne une branche supplémentaire de l'A86." En attendant que ce projet pharaonique ne voit le jour (en 2008 ?), "une nouvelle technique sera tentée au début de l'été 2005, puisque les automobilistes seront enfin autorisés à rouler sur une voie supplémentaire créée sur la bande d'arrêt d'urgence".
Originaire des États-Unis, cette approche qui consiste à libérer une voie supplémentaire est déjà expérimentée avec succès depuis 2000 en Allemagne, aux Pays-Bas, en Italie, en Espagne et bientôt en Grande-Bretagne. Cette technique suppose une signalisation flexible des voies, la peinture pouvant par exemple être remplacée par des plots lumineux. Le dispositif implique aussi des panneaux informant à temps les automobilistes et des caméras de surveillance.

Les bouchons accidentelsPour gérer ce type de bouchons qui, pour être aléatoires, n'en sont pas moins parfois catastrophiques*, les exploitants doivent avoir recours aux technologies de détection automatique des incidents (DAI). Réparties le long du réseau, des caméras traitent l'image du trafic et sont capables de détecter en 10 ou 15 secondes l'apparition d'un accident. Les exploitants sont alors immédiatement informés et peuvent réagir très vite : en portant secours aux personnes accidentées, d'une part (il faut intervenir dès la première heure pour éviter les séquelles corporelles graves) ; en incitant les automobilistes qui roulent vers le lieu de l'accident à réduire leur vitesse, d'autre part.


Bouchons et RTT en France : une période de transition ?
Selon Jacques Boussuge, "les RTT ont modifié la façon dont les gens prennent leurs congés et, ce faisant, ont créé un nouveau type d'embouteillages, plus difficiles à prévoir. Les gens ne se déplacent plus aux mêmes endroits ni aux mêmes moments. Ainsi a-t-on observé ces 5 dernières années une modification du trafic qui semble être imputable aux 35 heures. Les départs s'étalent désormais plutôt du jeudi soir (plus de 6% d'augmentation par an sur les autoroutes) au samedi après-midi, et les retours du samedi au mardi. Mais il s'agit encore d'une tendance et non d'un phénomène stable et totalement prévisible."


La meilleure façon d'éviter les embouteillages est d'anticiper au maximum son déplacement, de préparer son itinéraire et de s'informer (en consultant le site de Bison Futé et en écoutant la radio FM 107.7 par exemple). Par ailleurs, de nombreux systèmes de navigation GPS sont dotés de la fonction TMC (Trafic Message Channel) qui informe en temps réel de l'état de la circulation (équivalent de la fonction RDS sur les autoradios). Les embouteillages ne sont donc pas une fatalité ! La responsabilité individuelle est même prépondérante puisqu'une seule erreur de conduite suffit à créer un bouchon et, qu'à l'inverse, discipline et prévoyance permettent de l'éviter ou de le limiter !
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Message le Mer 18 Mai 2005, 9:39

"Il s'agit d'inciter les automobilistes à répartir dans le temps et dans l'espace leurs déplacements afin que tous ne partent pas au même moment et n'empruntent pas la même route"

:? :? :? le wk je veux bien mais qd les gens bossent c impossible
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Message le Mer 18 Mai 2005, 12:38

coucouline a écrit:"Il s'agit d'inciter les automobilistes à répartir dans le temps et dans l'espace leurs déplacements afin que tous ne partent pas au même moment et n'empruntent pas la même route"

:? :? :? le wk je veux bien mais qd les gens bossent c impossible


Et même le week-end lol, pourquoi une personne plutôt qu'une autre partirait plus tard ?

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Message le Mer 18 Mai 2005, 13:16

oui enfin je pensais plus aux departs et retours de vacances
tu peux partir plus tot ou plus tard c'etait plus ds ce sens là
je me suis mal exprimée........ :oops:
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Message le Mer 18 Mai 2005, 17:59

Rien que chez nous, à Salon, c'est même pas la peine d'aller en ville à partir de 17h00... Il y a tellement de monde et surtout d'abrutis au volant (entre ceux qui roulent en lisant le journal, ceux qui téléphonent, ceux qui collent les voitures de devant, etc...) qu'il faut un quart d'heure pour faire quelques centaines de mètres... Pourtant, c'est pas Paris... :roll:
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