Colin McRae n'ayant pas été assez performant lors du Rallye de Turquie, c'est Xevi Pons qui sera chargé de remplacer Sébastien Loeb lors du Rallye d'Australie, du 27 au 29 octobre prochain. C'est ce que l'on peut lire sur
eurosport.fr.
En outre, dans les Dernières Nouvelles d'Alsace d'aujourd'hui, Seb fait le point de la situation quatre semaines après sa chute :
« Le titre, je vais le gagner »
Près de quatre semaines se sont écoulées depuis son opération. Sébastien Loeb, qui poursuit activement sa convalescence après sa fracture du bras droit, espère être rétabli d'ici novembre et le rallye de Nouvelle-Zélande. Le titre, son troisième consécutif, reste d'actualité. Entretien.
- Comment vous sentez-vous, un mois après votre opération ?
- Ça va. De jour en jour, mon état s'améliore. Déjà , j'ai récupéré à 100 % de mon opération. Après l'anesthésie générale, quand la douleur s'est réveillée, j'ai passé quelques nuits agitées. Tout ceci est oublié. Là , j'arrive déjà à lever mon bras (il joint le geste à la parole avec quelques mouvements oscillatoires, partant du corps jusqu'à la position horizontale).
- A quoi occupez-vous vos journées depuis votre sortie d'hôpital ?
- Je n'ai pas le temps de chômer. A Lausanne, le chirurgien m'a rapidement prescrit de la rééducation, à raison de trois séances par semaine. J'ai tenu à compléter le programme par deux autres séances, chez moi, à Rolle, où je travaille un peu différemment. Mais ça se rejoint dans le sens où je ne fais que de la « rééduc » passive. Je n'ai pas le droit de trop solliciter l'épaule. Pas encore, en tout cas...
« Les médecins disent que
je suis en avance »
- On vous sent un peu frustré. Votre convalescence n'est-elle pas assez rapide à votre goût ?
- Pfff... Forcément, j'aimerais que ça aille plus vite. Maintenant, j'ai eu le temps de bien me renseigner sur l'ampleur des dégâts. Je sais que ma fracture est délicate, que l'intervention a été assez lourde (il montre la cicatrice de 2 cm de large qui s'étire sur toute la longueur de l'humérus). L'épaule est une articulation complexe, il faut bien la travailler, ne pas faire n'importe quoi.
Ça dépend aussi des personnes. Par exemple, j'en ai discuté avec mon ex-voisin à Oberhoffen, Frédéric Ritter (gymnaste de haut niveau). Il a connu la même blessure et récupéré super-vite. Chez d'autres, l'évolution est très lente.
- Et en ce qui vous concerne ?
- Quand je vois comment je parviens à bouger le bras, quatre semaines après l'opération, je n'ai pas à me plaindre. Moi, j'ai l'impression que ça ne va pas assez vite. Quand, durant deux ou trois jours, il n'y a pas d'amélioration, tu te poses des questions.
Les médecins disent en revanche que je suis en avance. J'essaie de mettre toutes les chances de mon côté. Cette semaine, je passe une radio de contrôle. Si la calcification se passe correctement, je vais partir deux semaines dans un centre spécialisé.
« J'aimerais éviter de jouer
toute ma saison sur le RAC »
- Ce week-end, le rallye d'Australie s'élancera sans vous, à l'instar de la Turquie voilà deux semaines. Comment vivez-vous cette situation ?
- C'est frustrant, énervant. Mais je l'accepte. De toute façon, il n'y a pas le choix. J'oublie les rallyes immédiats et je focalise toute mon énergie sur ma rééducation, histoire de revenir au plus vite.
- C'est-Ã -dire ?
- L'idée, c'est la Nouvelle-Zélande. Soit trois semaines après l'Australie. Il y a donc encore le temps. Mais je ne prendrai aucun risque. Si je n'ai pas le feu vert des médecins, je ne courrai pas. Sinon, je reporterai tous mes espoirs sur le RAC, début décembre. J'aimerais quand même éviter de jouer toute ma saison sur ce rallye, surtout si Grönholm gagne d'ici-là . Donc je veux être au départ en Nouvelle-Zélande.
- Envisagez-vous de perdre ce championnat ?
- Non. Je ne peux m'y résoudre. Je suis peut-être optimiste, mais je pense être en mesure d'inscrire les cinq petits points qui me manquent. Dès la Nouvelle-Zélande (il sourit).
- A moins que Marcus Grönholm perde des points en Australie...
- (il coupe). Je ne compte pas là dessus. Tant que je serai absent, Grönholm a toutes les chances de gagner. En Turquie, j'avais compris dès la première spéciale. Marcus a roulé comme s'il était à la bagarre avec moi. Il a "mis" 25 secondes au deuxième sur dix petites bornes... S'il n'est pas sous pression, il ne commet pas d'erreurs. Hormis un souci mécanique, je ne vois pas ce qui pourrait le priver de victoire en Australie.
- Après son succès turc, Grönholm a dit qu'il ne pensait pas au titre pilotes, mais seulement à celui des constructeurs. Vous y croyez, vous ?
- Celui des constructeurs va nous échapper, je le crains. Les Ford ont pris les commandes et je les vois mal lâcher. En ce qui concerne le titre pilotes, je crois que Marcus avait tiré un trait dessus après ma victoire à Chypre. Il avait alors 35 points de retard. Je lui ai redonné une opportunité d'y croire, c'est de ma faute. Et c'est chiant. Pour moi, bien sûr, mais surtout pour Marc Van Dalen et toute l'équipe de Kronos.
« Carlos est aussi tombé
à VTT. Il a perdu le
championnat. Moi,
je vais le gagner »
- Vous a-t-on fait des reproches, chez Kronos ou Citroën, par rapport à votre accident de VTT ?
- Non. Tout le monde a bien réagi et m'a soutenu. Je peux m'en vouloir... un peu. (il s'anime) Je vais être un peu plus vigilant à l'avenir mais je ne peux pas m'arrêter de vivre. Dans une discipline comme la mienne, il faut du mouvement. Je ne conçois pas de rentrer d'un rallye et de poser mes fesses deux semaines durant dans le canapé. Le sport, ça fait partie du truc.
- Allez-vous remonter sur un VTT ?
- Pourquoi pas ? Un accident con, c'est arrivé à d'autres avant moi. Prenez Carlos Sainz. Il est aussi tombé à VTT. La différence, c'est que, lui, il a perdu le titre. Moi, je vais le gagner.
- Peut-être que Grönholm aura la politesse de vous le laisser...
- Pas besoin qu'il me le laisse, je le prendrai tout seul...
Propos recueillis par Sébastien Keller
Édition du Mar 24 oct. 2006
Et voici où en est le travail sur la C4 WRC pour 2007 :
Un retard contrariant
S'il ne peut défendre actuellement ses chances en championnat, Sébastien Loeb est aussi contraint de mettre entre parenthèses le développement de la C 4 WRC, la nouvelle arme de Citroën qui lui sera confiée l'an prochain.
« On prend du retard et ça m'ennuie, explique-t-il. Heureusement, nous avions déjà bien bossé avant mon accident. Disons que les bases sont là . Nous avions trouvé les réglages qui commençaient à me plaire, notamment sur asphalte et sur terre "rapide". »
En son absence, le développement de l'auto est confié à Daniel Sordo, son coéquipier chez Kronos, ainsi qu'aux « essayeurs » Philippe Bugalski et au Finlandais Pykalisto. « J'espère pouvoir reprendre les essais en décembre, pour préparer les deux premiers rallyes de la nouvelle saison, le Monte-Carlo et la Suède. »
Par ailleurs, Loeb n'a pas remis en cause sa participation à la Course des champions, le samedi 16 décembre au Stade de France. « Si je peux m'aligner en Nouvelle-Zélande et au RAC, je pourrai faire deux tours de piste à Paris », conclut Loeb.
Source :
Dernières Nouvelles d'Alsace
Comme on peut le voir, Seb tient le bon bout. Il faut juste qu'il prenne patience et qu'il s'accroche !
